Un jour, au début des années 2020, ma fille rentra du collège en colère et en larmes. Elle finit par me raconter ce qui l’avait mise dans cet état. La professeure de français avait inscrit d’office sa classe de 3ème à un concours national. Or, ce concours était sur volontariat et cette enfant avait clairement exprimé le fait qu’elle n’était pas volontaire.
Ce jour-là, elle dût se rendre dans la salle où se déroulait l’épreuve, avec 3 professeurs qui surveillaient et le CPE de l’établissement. Au bout d’un quart d’heure, mademoiselle se leva et rendit la copie blanche à une professeure outrée qui lui fit la morale et interpella le CPE sur le comportement inacceptable de cette gamine. Le CPE à son tour lui fit la morale et la fit sortir, le proviseur en fut informé.
Suite à ces évènements, je pris rendez-vous avec le proviseur qui souhaitait me voir. L’entretient porta tout de suite sur le comportement inadmissible et scandaleux de cette élève lors de l’épreuve. Je demandai donc innocemment si cette épreuve n’était pas sur volontariat et il me fut confirmé qu’effectivement le volontariat était requis. Je fis donc remarquer au proviseur que ma fille, la troisième meilleure élève de la classe, n’avait pas pour habitude de se faire remarquer par son comportement, et que si elle n’avait pas exprimé le désir de participer à l’épreuve, il était mal venu de lui reprocher son comportement. Décontenancé, le proviseur fit appeler le CPE qui nous rejoignit.
Le CPE, interrogé sur les faits, rapporta que la copie blanche fut rendue 15 min après le début de l’épreuve, que c’était inacceptable …le même discours que le proviseur m’avait tenu. Je lui demandai alors s’il savait que ce concours était sur volontariat, il répondit par l’affirmative, et j’enchaînai en lui demandant s’il avait été informé qu’Élise, non seulement n’était pas volontaire, mais qu’elle avait clairement exprimé son refus de participer.
Et là, la réponse timide fut qu’il l’ignorait ; le proviseur précisa que la professeure ne les avait pas informés. Ironiquement, je leur rappelai que leur attitude injuste et inadaptée ne pouvait que donner une image déplorable des adultes et pire, de responsables de l’établissement.
Sur ce, une secrétaire vint informer le CPE qu’une élève de la classe de ma fille était exclue du cours d’espagnol.
Je soulignai : « ah oui, le cours de Mme X, elle l’expulse à presque tous les cours, j’en ai entendu parler ; cette professeure n’aime pas cette élève, au demeurant bonne élève ». Le proviseur commenta qu’il n’avait aucune autorité sur les professeurs agrégés ce qui était le cas de la professeure d’espagnol et de la professeure de français. Il semblait que j’en savais plus qu’eux sur ces sujets ce qui était embarrassant pour eux. Je suggérai d’évoquer le sujet avec la professeure de français impliquée mais il n’en fut pas question. En revanche, ils décidèrent qu’ils convoqueraient Élise pour s’excuser de leur comportement car ils ignoraient le début de l’histoire. Et ils le firent, Je me suis demandé si ces deux personnages n’étaient pas là par hasard mais l’éducation nationale m’a réservé bien d’autres surprises …les lois des administrations sont impénétrables, elles ne sont pas à notre service, c’est le contraire, nous sommes à leur merci.
