Cette expression m’a toujours amusé. Il semblerait que jouer au loto ou acheter un ticket de tombola, qui sont de purs jeux de hasard, soient assimilés aux investissements boursiers ou, pour simplifier, à l’achat d’actions. Les investissements boursiers répondent à des règles, ce qui n’est pas le cas des jeux de hasard ou des paris. La bourse n’est pas qu’un marché d’actions ; il y a bien d’autres supports d’investissements mais les détailler n’est pas mon humeur du jour. Investir, car c’est bien de cela qu’il s’agit, répond toujours à des règles dont le pari ou le pur spéculatif a très peu de place. Qui n’a pas pensé acheter sa maison et pourtant c’est un investissement qui répond exactement à la même logique qu’un autre investissement qu’il soit boursier, objet d’art prenant de la valeur, de l’or, ou des produits financiers. Avant d’investir, il faut calculer et réfléchir. Le choix de l’entreprise doit répondre à des critères : sa capacité à augmenter son chiffre d’affaires et ses bénéfices de façon régulière sur plusieurs années, sa capacité à investir ou se diversifier en fonction de son secteur d’activité. Warren Buffet disait qu’il fallait bien connaître le secteur d’activité dans lequel on investit, je rajouterai ou être capable de le cerner et de le comprendre. Le dividende peut faire partie des critères, mais contrairement aux idées reçues, s’il peut être proposé au vote des actionnaires pour l’avaliser, il est fixé par le conseil d’administration, pas par les actionnaires et il dépend de la politique de gestion du conseil d’administration de l’entreprise. Le taux moyen du dividende est faible si l’on considère toutes les actions de la bourse de Paris ; beaucoup d’entreprises distribuent très peu de dividendes ou pas du tout. Quelques rares distribuent un dividende supérieur à 6 % de l’investissement, sachant qu’ils sont taxés, l’idée de dividendes mirobolants est une utopie. Les Plans Épargne Actions (PEA) permettent d’exonérer ces dividendes mais ont des contraintes. L’investissement spéculatif assimilable à un pari ou un jeu répond aussi à un calcul : des starts ups dans des secteurs à la mode comme l’IA, le biosourcé, les nouveaux matériaux et bien d’autres domaines. La bourse est un domaine mystérieux et complexe : les bulles entraînées par des modes (bulle internet 2000) (bulle IA ?), la crise des « subprimes » de 2008, et d’autres moins connues et plus sectorisées peuvent donner l’impression d’un jeu sauf que tout gestionnaire doit savoir diversifier ses placements et le risque pèse très peu dans ces investissements intelligents.
Les conseils des revues spécialisées et des analystes sont à prendre avec une grande prudence ; ce sont des avis qui reposent sur les critères qu’ils ont choisis de respecter, rien ne dit que ce sont les critères pertinents. Mais il est vrai qu’on peut perdre de l’argent, un de mes fils vous dirait que je suis le seul homme qu’il connaisse qui perd 15 000 euros en une journée et ne s’en émeut guère.
Ceux qui jouent en bourse devraient jouer aux jeux de hasard, ceux qui veulent investir doivent apprendre ou confier la gestion …avec plus ou moins de réussite.
