L’Humeur du Caporal – Les temps nouveaux

Cela commença par un affaiblissement du pouvoir central. Des peuples avaient la farouche volonté de recouvrer leur liberté. La Centralisation avait déconnecté le pouvoir central des réalités. La religion s’imposait comme une source de pouvoir autonome ce qui interférait avec le pouvoir central et créait des conflits internes, sources de divisions. Les intérêts et les besoins des peuples sur un aussi vaste territoire avec des climats très différends n’étaient pas les mêmes. Leurs modes de vie, leurs lois ne pouvaient pas être les mêmes du nord au sud, de l’est à l’ouest, mais c’était la volonté du pouvoir central, indifférent à une réalité qu’il ne comprenait pas. Bien sûr, les informations arrivaient de partout mais cela n’avait guère d’importance, ce qui comptait c’était sa volonté et son pouvoir. Les peuples environnants profitaient des faiblesses du pouvoir central pour s’infiltrer sur le territoire.  Des notables dirigeaient déjà des régions entières à l’insu du pouvoir central. Petit à petit, les pouvoirs régionaux se substituaient au pouvoir central, les nationalismes ressurgissaient comme ciment entre communautés de même origine, contre l’état central. Tous les ingrédients se réunissaient et ouvraient la porte à l’explosion de cet immense état et à l’indépendance des peuples qui le composaient et ne supportaient plus le joug de cet état centralisé désincarné et inadapté. La volonté d’indépendance a eu raison et l’état s’est écroulé avec l’époque des grandes migrations non contenues faute de décisions adaptées.

Nous sommes au Vème siècle, l’empire romain d’occident s’écroule et le moyen âge succède à cette époque. Un peu plus tard apparaîtra une nouvelle religion, l’islam, qui sera un instrument politique tout comme le deviendra la religion chrétienne, et elles s’opposeront, y compris militairement.

L’histoire se répète, les grands empires s’écroulent, l’époque actuelle démentira-t ’elle l’histoire, je n’en sais rien, mais le moyen âge des temps modernes semble acquis ; les temps des grandes migrations sont revenus et nous ne sommes pas prêts, comme souvent durant le siècle dernier.

 Nous préparons la dernière guerre, pas la prochaine.