En 1986 j’ai été muté à la Base Aérienne 112 de Reims. Je faisais donc le trajet en train de nuit pour me rendre sur la base le lundi matin. Je prenais la Palombe bleue à Morcenx, un train couchettes de nuit qui faisait Irun Paris gare d’Austerlitz. À cette époque, 1985 1986, il y a eu une série d’attentats à Paris, le plan Sentinelle était activé et dans les grandes gares parisiennes il y avait des CRS et des militaires qui patrouillaient dans ces endroits hautement stratégiques pour toucher un maximum de gens. Depuis la Base de Reims, l’armée de l’air envoyait du personnel en renfort à la PAF pour un séjour dont j’ai oublié la durée, au sein des aéroports parisiens.
Je prenais donc la Palombe bleue toutes les semaines, ma future épouse ayant ouvert son cabinet d’infirmière libérale un an et demi auparavant, je faisais la navette en attendant de trouver une solution à cette situation délicate.
J’avais 13 ans de service ; il était souhaitable de patienter, le cabinet fonctionnait très bien et les revenus du cabinet étaient bien supérieurs à ma solde, y compris future. Tout recommencer ailleurs était loin d’être évident.
Un jour, ou plutôt une nuit, je montai dans le train, m’installai dans ma couchette toujours celle du haut car il y avait des arrêts avant Paris et personne n’allait me déranger ; en général ce sont les couchettes du bas qui sont dérangées par l’installation des arrivants ou le départ des occupants. À partir de l’arrêt à Bordeaux où un passager était monté et s’était installé dans l’autre couchette du haut, on entendit un tic-tac de réveil inquiétant étant donné la période d’attentats car, qui dit réveil, dit minuterie …certains tournaient dans leur couchette se demandant s’il y avait une bombe dans le compartiment, dont moi. Cela dura un long moment, plus d’une heure, le train se mit à ralentir, nous approchions du prochain arrêt et soudain un réveil se mit à sonner, une lumière s’alluma et un passager se leva avec son gros réveil autour du cou. Il s’habilla à la hâte et lorsqu’il quitta le compartiment le tic-tac le suivi. Enfin j’allais dormir rassuré.
