L’Humeur du Caporal – Il était une fois…

Après de nombreux face à face, les chrétiens sont contraints de faire face aux musulmans, ils sont défaits et pour ne pas disparaître de la surface de la terre, ils se réfugient dans des zones à l’abri du regard de leurs persécuteurs. Puis ils se concertent, entre groupes isolés, pour se soutenir et parfois agir de concert. Lentement ils s’enhardissent et des soutiens leur parviennent d’autres régions. Petit à petit ils reprennent çà et là de petites portions de territoires peu défendus. La confiance revient dans leurs rangs, l’esprit de corps, le courage refont surface, ils étaient bien là tapis au fond des âmes mais oubliés. Les temps changent et les hommes avec, ce qui les séparait fut oublié, il y avait un avenir à construire ou il fallait accepter de disparaître dans un recoin de l’histoire. Mais la nature humaine a des ressources insoupçonnées, et tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir et ce dernier ressurgit du passé, des temps glorieux, de la mémoire des anciens. Les jeunes reprirent le chemin des sentiers oubliés, quelques têtes émergèrent et montrèrent la voie à suivre. Ainsi se forma un ensemble hétéroclite au début mais il avait le mérite d’exister, d’émerger du néant. Personne ne sait qui fut le premier à se lever, mais ils se levèrent. Le temps passant, l’idée d’accepter l’inacceptable laissa la place à une volonté farouche d’exister, c’était le début d’un long affrontement. Ce furent d’abord des affrontements de petite envergure, mais il ne s’agissait plus de courber l’échine et c’était là l’essentiel. Une résistance apparaissait et elle devint le noyau d’un phénomène plus important. Petit à petit la nouvelle se répandit et dans tous les territoires envahis, l’espérance d’un avenir devenait possible. Les hommes et les idées se remirent à circuler. L’obscurantisme forcené laissa lentement la place à un certain humanisme qui reprit ses droits. La couleur, la religion n’étaient plus des barrières infranchissables. Les deux mondes apprirent tant bien que mal à se tolérer avec bien sûr des excès et des exceptions. La soif de pouvoir et de richesses n’avait pas disparu mais un certain dialogue permettait aussi le commerce, source d’enrichissement. Les cultures se mêlèrent et s’enrichirent, certaines évolutions se firent jour au bénéfice de tous. Toute ressemblance avec l’époque actuelle est purement fortuite, nous sommes au IX siècle au sud des Pyrénées, l’empire Romain d’occident s’est écroulé depuis longtemps, d’autres se sont reformés depuis, plus éphémères. La poussée des peuples du sud n’est pas nouvelle dans l’histoire, tous les pays méditerranéens l’ont connue à diverses époques. À cette époque on ne parle pas de changement climatique, c’était la loi du plus fort, tout simplement, piller, s’enrichir en dépouillant, en tuant ceux qui résistaient, tous les peuples belliqueux l’ont pratiqué. La ruse moins spectaculaire est tout aussi efficace mais tôt ou tard, la violence ressurgit. Les technologies évoluent, des sciences naissent ou s’enrichissent, les savoirs progressent très vite dans beaucoup de domaines, seule la nature humaine n’évolue pas, la soif de pouvoir et de richesses est toujours bien ancrée.

 Cela changera-t-il un jour ?

Rien n’est moins sûr.

 L’histoire des hommes est un éternel recommencement, il était une fois…