L’Humeur du Caporal – Ah les p’tites femmes…de Pigalle

Entre les années 70 et 80, un ami a vécu une aventure peu commune que je vais vous conter.

Après son affectation à Taverny, il reprit contact avec une cousine, Florence, qui dansait à l’Alcazar, un célèbre cabaret de Pigalle sous la direction de Jean Marie Rivière. Étant accueilli les week-ends chez elle, il fut aussi accueilli à l’Alcazar qui lui ouvrit ses coulisses. C’est ainsi qu’il assista au départ d’une partie de la troupe, pour tourner des scènes du film « la course à l’échalote » à Brighton en Angleterre avec en vedettes Pierre Richard et Jane Birkin, et des anecdotes à leur retour.

 L’amour pour un artiste, qui passa dans la piste aux étoiles, conduisit Florence au Moulin Rouge, elle amena notre ami dans ses bagages.

Un monde secret, qui était le temple du french cancan, lui ouvrit ses portes et surtout ses coulisses, les maquilleuses, les habilleuses, les éclairagistes, les serveuses, et ces dames les danseuses, parfois peu habillées, dans leur vie au cabaret ; sous la direction chorégraphique de Ruggiero Raimondi les 40 Doriss Girls de la troupe de Doris Haug levaient la jambe, meneuse de revue en tête. Il va de soi que ces magnifiques jeunes femmes ne pouvaient laisser personne indifférent et après le spectacle des soirées s’improvisaient pour se détendre, autour d’un verre, ou d’un repas et des couples se formaient.  Myriam, une charmante écossaise, succomba au charme français de notre ami qui avait le béguin pour elle ; un an et demi plus tard la vie leur offrit un choix. Reno aux USA attendait sa danseuse, et la base de Nice Mont Agel notre amoureux. Suivre sa dulcinée outre atlantique lui traversa l’esprit, mais poursuivre le fil de sa vie et de sa carrière le conduisit à Nice.

Durant cette période, des personnalités défilèrent au Moulin Rouge mais seule l’équipe nationale de football du Brésil qui fut accueillie pour une soirée avec ses stars de l’époque, Zico, Reinaldo, resta dans la mémoire de notre amoureux du football. Une photo de l’équipe et des Doriss Girls immortalisa l’évènement. Ces dames, ayant une affection certaine pour le football, organisèrent une rencontre avec les célèbres Bluebell Girls du Lido sous la direction de l’arbitre international Robert Wurtz qui accepta volontiers de diriger cette rencontre singulière. En effet les Bluebell Girls arboraient un maillot vert, y avait-il un défi avec les joueurs de l’AS Saint-Étienne qui portaient le même maillot et passèrent à la postérité sous ce pseudonyme « les verts ». Nous ne le saurons jamais mais un article journalistique de l’époque laisse planer le doute. Le résultat 2 à 2 aura peut-être impressionné les Stéphanois …

Qui a dit que le métier militaire ne menait pas à tout, notre ami ne nous démentira pas, l’aventure est parfois au coin de la rue.